dimanche 28 juin 2009

Conte à l’école


Dans la bulle des Bullois. Le FESTMOC-Patrimoine organise des interventions contées au collège Bullier de NkolMebanga, en vue de permettre d’autres échanges entre artistes et élèves.
Le 08 novembre dernier, l’auditorium du Collège Bullier, pleine à l’œuf. C’est une surprise presque pour les parents confondus en élèves. Comme chaque année depuis trois ans, la programmation du FESTMOC-Patrimoine organise des interventions contées dans cet établissement confessionnel qui abrite aussi bien des élèves externes que des pensionnés de l’internat. Pour les anciens, chaque édition est attendue avec beaucoup d’impatience. Dans la salle, plus de trois cents élèves, enseignants et parents surpris par les hôtes du jour et d’autres invités. Pour le principal l’abbé Emmanuel Aurélien EBODE, « c’est la fête et il faut qu’elle se poursuivre avec les invités venus des quatre coins du monde entretenir les élèves et leur proposer d’autres moyens pédagogiques. On apprend des cultures différentes qui se déploient à chacune des éditions pour partager ensemble avec les élèves de cet établissement ».
Pour Donald MVONDO de la direction artistique du Festmoc « nous sélectionnons des conteurs qui proposent de nouvelles orientations pédagogiques ; l’exigence c’est que les contes contribuent efficacement à l’éducation des élèves tout en leur inculquant l’art du spectacle. Nous savons par exemple que les établissements confessionnels veillent sur une certaine moralité et on tient compte de tous ces détails.» Cette année, les conteurs programmés ici, viennent du Gabon, de l’Algérie, de la France, du Tchad et du Cameroun. Mohamed Adi, conteur invité, est aussi responsable de l’association Pied Nu à Marseille en France. Il travaille sur ce type de projet aussi bien dans les établissements scolaires que d’autres milieux sociaux « c’est toujours une expérience formidable d’aller dans les établissements conter pour les élèves. Nous leur présentons d’autres formes d’enseignement. Les conteurs ont des styles différents. » Les conteurs se sont succédés sur la scène de l’auditorium pendant plus d’une heure et demi sans interruption avec la participation des élèves qui réagissaient soit par des cris d’émotions ou simplement des éclats de rire à déchirer les mâchoires. « Nous sommes émues chaque fois que les conteurs peuvent partir de la ville de Sa’a pour venir conter pour nous dans notre établissement. Les conteurs sont très talentueux, ils ont une manière de nous parler de notre quotidien, de notre passé avec une dextérité à nulle autre pareille. » Confie Julie, une externe venue spécialement à l’établissement pour écouter les conteurs.

Martial E.NGUEA

jeudi 25 juin 2009

E d i t o: FESTMOC PATRIMOINE : NEW LOOK



Le FESTMOC Patrimoine 2008 donnera une fois de plus aux amoureux de contes, une occasion véritablement festive du 03 au 09 novembre 2008 à Sa’a avec des conteurs venus d’Afrique Centrale, d’Afrique du Nord et d’Afrique de l’Ouest. Cette 9ème édition donne une grande place à la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel. Cette année on note des innovations majeures : des interventions contées à la prison de Sa’a avec une remise de dons, des contes au marché, mais aussi et surtout une rencontre avec les patriarches locaux qui nous relateront les histoires ayant marquées la vie de leur localité.
Les activités annexes telles que les rencontres et échanges professionnelles entre artistes viendront enrichir ce tableau.

Les conteurs invités à cette édition 9 : Mohamed Adi, Mathias Ndembet, Mamadou Sall, Dorient Kaly, Kiemtaremboum Edwige, Sanvee Beno, Vaber Douhouré, Christian Koulnodji, Django Benjamin, Doudou Nzio Mboma, Watanga Boniface, Kary Coulibaly, Toumani Kouyaté, Donald Mvondo, Merveille Mouto, Joachim Fouda, David Nounji, Flavie Gbagouma, Arsène Beyene, Bertrand Baleguel, Martin Abega, se donneront à fond pour valoriser le conte, et faire une intelligente mixture entre la richesse patrimoniale de leur pays respectif et l’adéquation avec la langue.

L’Afrique peut être fière d’avoir sa langue pour affirmer sa place créatrice dans la diversité culturelle mondiale. Sa’a, pendant 7 jours se fera un grand plaisir de recevoir ces artisans du verbe qui porteront avec eux leur culture et leur manière de vivre.
Nous profitons de ces quelques ligne pour adresser nos sincères remerciements à tous nos partenaires institutionnels, et je citerais ainsi le Ministère de la Culture, la Mairie de Sa’a, l’Organisation Internationale de la Francophonie, le CERDOTOLA, et tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont aidé dans la mise en place de cette neuvième édition.

Le comité d’organisation du FESTMOC-PATRIMOINE 2008 souhaite à toutes et à tous une bonne lecture de ce magazine N°4 du FESTIVAL. Ces écrits sont comme des noix de cola qui se partage. Bonne lecture!

Léonard Logmo

mercredi 24 juin 2009

Ça Conte ! Festmoc-P 9è, c’est parti !




La 9e édition du festival les moments conte-patrimoine, s’est ouverte le mardi 04 novembre 2008 à Sa’a

« Conte, langue et patrimoine ». Voilà le thème sous lequel s’est ouvert mardi aux environs de 15H, à l’esplanade de l’hôtel de ville de Sa’a , la 9ème édition du festival les moments conte-patrimoine organisée par l’association carrefour des conteurs contemporains. Pour le ministère de la culture représenté par le délégué provincial de la culture du centre, c’est une initiative louable, d’autant plus digne d’intérêt qu’elle participe à la sauvegarde et à la survie de notre patrimoine culturel « celle-ci passe par la collecte et la conservation des contes et des supports matériels ».
La nécessité d’une telle démarche reste à démontrer, le conte étant non seulement un outil de communication de masse, mais également une structure qui a été marginalisée, par nos sociétés traditionnelles, « l’objectif principal est de préserver le patrimoine matériel, valoriser l’utilisation des langues locales à travers le conte ».

Pour le représentant du Ministère de la culture l’initiative d’œuvrer pour sauvegarder et protéger le patrimoine culturel immatériel, mérite d’être encouragée, soutenue et pérennisée. L’occasion était propice pour davantage rendre hommage à Sévérin Cécile ABEGA et souligner à grand trait le rôle de conscience du FESTMOC-P que joue pour l’éternité celui-ci, « l’hommage particulier qui lui est rendu au cours de cette édition est à la fois le témoignage de son action pionnière et me semble-t-il, l’invitation aux élites à suivre l’exemple ». Au final, compte tenu du rôle multiforme du conte, le Mincult invite tout d’abord les membres du FESTMOC-Patrimoine à faire preuve d’un engagement ferme et du souci de l’excellence et rassure les conteurs sur le soutien et la disponibilité du ministère de la culture à travailler pour le plein épanouissement des œuvres de l’esprit et de leurs créateurs.
Marie Nadège NLANG

Interview de Léonard Logmo



« C’est un évènement qui traite principalement du patrimoine immatériel »
-Nous voici pratiquement au terme du FESTMO-P, que pensez- vous avoir oublié pour cette 9ème édition ?
Je pense avoir tout oublié. En ce sens que j’avais tellement de chose à faire, j’ai donc fait la majorité. Mais cependant j’ai toujours l’impression que c’est un recommencement parce qu’il y’a toujours de nouvelles pistes , de nouveaux horizons.
-Quels sont les temps forts du challenge de cette année ?
Cette année c’est la phase des hommages en l’occurrence celui rendu à Sévérin Cécile ABEGA. Autres temps forts les rencontres et échanges professionnels entre artistes locaux et internationaux invités. Autre temps fort en ce qui concerne la thématique, c’est le collectage qui a commencé Sa’a et qui va se poursuivre dans la Sanaga maritime avec en prime l’édition d’un ouvrage de contes collectés sur les sites emblématiques, monuments, personnages historiques. Il faudrait signaler que les contes en prison ont aussi été l’un de nos temps forts qui entrent dans le culturel mais aussi dans le social.
- Peut-on mener à bien un tel brassage culturel sans ressources ?
Impossible d’organiser ce type d’évènement sans ressources. S’il faut parler de ressources, cela me donne la nécessité de recadrer les différentes ressources à savoir : matérielle, humaine, financière, économique. Je voudrais insister sur le fait que la ressource financière n’est pas la plus importante dans un festival socio- culturel comme celui-ci.


C’est d’abord la ressource humaine qui est vitale, capitale parce que, en travaillant avec une équipe jeune, volontaire, soudée, acquise aux idéaux de l’association, on arrive à faire de grandes choses. Avec une équipe assez disponible, qui a envi de donner on est à l’abri de certaines surprises. Ce qui nous permet de trouver un moment pour manger, discuter avec les artistes et même conter. La ressource financière est toujours nécessaire parce qu’elle permet de réaliser un certain nombre de choses et d’éviter le stress et de travailler avec assurance. Malheureusement cette ressource est la plus rare; on a l’impression que cela prend du temps pour rentrer dans les préoccupations personnelles des uns et des autres. Donc on a besoin du soutien institutionnel de la localité pour obtenir le soutien financier de partenaires.
-Quelle est l’originalité du Festmoc-P ?
C’est un évènement qui traite du patrimoine principalement immatériel et ensuite matériel. Donc c’est un évènement qui prend pour point d’appui la richesse traditionnelle. Aussi il se déroule en milieu rural et touche les populations à la base qui sont dans les villages ; et qui souffrent plus de pauvreté mais travaillent pour la vie de la nation à travers la culture qui est la base de notre économie. Originalité en ce sens que personne ne vient faire son show, sa fête, mais les participants viennent construire pour le développement des carrières des uns et des autres en mettant communément la réalisation des différents projets, les possibilités de diffusion, de création. Bref, le festival travaille fortement l’aspect structurant en valorisant la continuité du travail de chaque artiste invité à l’évènement.
-Quel aura été le parcours de la première édition à celle-ci ?
Au départ, le festival a commencé à Yaoundé où l’idée est née. Ensuite il a été question d’établir un pont entre la ville et le village c’est alors que le festival est devenu itinérant. Au départ il était local (national), il est devenu international en abritant diverses nationalités, venant des quatre coins de l’Afrique, d’Europe et d’Amérique. A ses débuts le festival avait une variante festive et agro-pastorale et par la suite on a mis sur pied une thématique pour chaque édition. Il se déroulait normalement sur une période beaucoup plus longue au départ, mais par la suite il s’est réduit pour tenir sur une semaine. Il est passé de la phase instable en ce qui concerne son personnel à une phase stable chacune porteuse d’énergie nouvelle. Il est passé d une phase pas très connue au départ, (le conte étant un genre émergent dans le monde et particulièrement au Cameroun) vers une phase très médiatisée développant les aspects communicationnels tel que la présence d’un journal du festival.
-Quel bilan faîtes-vous aujourd’hui et quelles sont les perspectives pour les années à venir ?
Le bilan est assez positif dans la mesure où les populations des localités ciblées commencent de plus en plus à se rendre compte de l’impact socio-économique et culturel sur la localité. Il est positif en ce sens que nous avons des partenaires institutionnels qui croient en notre travail en l’occurrence l’Organisation Internationale de la Francophonie qui nous appuie depuis quelques années déjà, le ministère de la culture qui se rend compte de l’importance du projet et l’accompagne depuis pratiquement trois ans. Il existe une certaine stabilité dans les activités choisies, très peu d’improvisation, mais surtout beaucoup d’originalité.
Comme perspectives, c’est aboutir à un grand festival qui se déroulerait pendant plusieurs mois. Avec comme souhait de toucher les localités rurales afin d’y installer un véritable marché du conte pour la promotion et le développement de l’activité du conte, mais aussi la promotion des carrières artistiques.
Marie Nadège NLANG

Collège Polyvalent: La première fois, conte ! Ça Bouge



Les conteurs du Festmoc-patrimoine ont rendu une visite aux élèves du collège polyvalent de Sa’a
Il est environ 09H. Ce matin du jeudi 06 novembre 2008 lorsqu’ au cœur d’une palmeraie de Sa’a, sont rassemblés une quarantaine d’élèves avec les regards tournés dans la même direction. Sandrine POUTA avec un entrain maternel, les entraine au pays des rêves. Alice au pays des merveilles n’est pas loin de là! Tout d’abord distraits en début de représentation les collégiens villageois, cèdent sans contrainte aux émotions. La nostalgie des histoires de grand-mère remonte progressivement à la surface. Dans le sillage des colporteurs d’histoires TOUMANI Kouyaté du Burkina Faso, Mathias NDEMBET du Gabon, Mohamed ADI, Bertrand BALEGUEL etc. Chacun a réservé pour les enfants les contes les plus caustiques qui puissent exister.
La majorité des contes étaient nouveaux pour ces jeunes qui les écoutaient pour la première fois « tout ceci est nouveau pour moi. C’est
merveilleux et instructif, j’ai retenu par exemple ce matin que toute personne est utile qu’elle soit petite ou grande »avoue NGONO BENYOMO élève en 4ème année électricité au collège polyvalent de Sa’a.
C’est justement là l’objectif du festival les moments conte-patrimoine qui se veut un moyen de communication afin de revaloriser le conte. Ce festival apparaît aujourd’hui comme l’un des porte-flambeau de la renaissance culturelle de notre continent « la revalorisation du conte permet d’assagir de former l’enfant dans la vie active puisque l’apprentissage ne se limite pas seulement au niveau de l’école il faut avoir des idées d’homme étant donné qu’un intellectuel c’est celui qui a une connaissance élargie » ajoute M.NGAH Donatien, délégué du personnel du collège.
Et les colporteurs peuvent alors se retirer convaincu sans nul doute d’avoir évadés les esprits du collège.
M.N.N

ZOOM PRISON



« Je voulais communier avec mes frères détenus »


Au cours de l’intervention contée à la prison principale de Saa, MOHAMED ADI invité au FESTMOC- P a procédé à une remise de dons aux détenus. Dans un entretien à battons rompus, il donne ses motivations.
Pourquoi susciter autant d’intérêt pour les détenus ?
Je suis issu d’un quartier défavorisé. Je suis une exception culturelle dans mon pays. C’est pour ça que je me bats, pour l’accès au droit et à la culture au grand nombre. Donc, chaque fois que je suis dans une action culturelle, je tiens à ce que mes frères issus du même milieu que moi puissent aussi logiquement et naturellement partager ensemble ces moments privilégiés.

Si je suis allé en prison c’est pour plusieurs raisons: non seulement j’ai risqué de faire la prison, mais aussi tous mes copains ont fait de la prison. Ensuite j’ai souhaité donner le goût de la réussite aux détenus. Question de leur redonner de l’espoir dans ce milieu marqué par l’échec.
A voir toute votre mobilisation, on a l’impression que la remise des dons en milieu carcéral est une tradition pour vous.
Non ! C’est simplement un plaisir pour moi de donner quelque chose. Déjà là, ce qu’on a fait était de leur permettre de s’évader dans leur tête.
-Qu’avez-vous ressenti lors de cet autre échange ?
De l’émotion et une très grande générosité de ce qu’ils nous ont donné en retour. Les femmes, les conteurs, ceux qui étaient présents et à l’écoute, on sentait le poids de la détresse, c’était fort.

-Quel message pouvez-vous véhiculer à l’encontre des détenus du monde entier ?
J’espère qu’un jour les prisonniers n’existeront plus. Qu’il n’y aura plus d’inégalité entre les hommes. Quand les hommes auront tous les mêmes chances, ils prendront conscience de l’avenir de l’humanité. Et c’est là où nous les hommes de culture intervenons avec des messages tel que aimez-vous les uns les autres. La religion l’a instruit, nous le martelons sous une autre forme. Partageons !

Propos recueillis par Marie Nadège NLANG

Interview de Christian KOUNOUDJI


« J’ai réalisé qu’il n’y a aucun complexe à avoir face à un public »
-Quel regard portez-vous sur le Festival les moments conte- patrimoine ?
Pour moi, cette initiative est louable, vu les conditions de la politique culturelle en Afrique qui essaye de tenir malgré les difficultés que rencontre l’organisation ou la coordination de cet évènement. C’est une expérience intéressante dans la mesure où l’on fait des rencontres professionnelles et humaines.
-Sur scène, quelle technique utilisez-vous pour captiver l’attention du public ?
Je suis d’abord un comédien étant donné que j’ai eu à apprendre le B.A.BA de la comédie. Après une analyse, j’ai réalisé qu’il n’ya aucun complexe à avoir affaire à un public en face. Je me familiarise au public qui est devant moi et je le considère comme un ami. Comme autres techniques j’utilise également la musique avec mon « kondou » qui est un balafon du Tchad, la danse, les proverbes, et les devinettes.
-Quel rapport existe entre votre mise en scène et vos textes ?
Très souvent, j’utilise mais indirectement la mimique. J’essaye de traduire certaines paroles avec le geste pour expliquer certains mots. Depuis six ans, je travaille avec les écoles maternelle et primaire où j’ai développé ces mimiques.
-Comment se présente l’activité du conte au Tchad ?
Dans mon pays, en dehors du centre culturel français qui organise des rencontres intitulées « l’heure du conte pour les enfants » il n’ya rien d’autre pour revaloriser le conte. C’est pourquoi à mon niveau, j’essaye de faire revivre le conte tout en maintenant le système de la francophonie qui organise la fête annuelle de la langue française qui consiste à faire appel à plusieurs conteurs. Et je prends aussi l’initiative d’aller me produire dans les écoles dans le but de promouvoir la parole.
Marie Nadège NLANG