mercredi 24 juin 2009

Confessions de conteurs



Mohamed Adi, Noundji, Koulnodji et Ndembet se sont produits à l’auditorium du collège Bullier. Emotion et plaisir assurés.

Etonnant réveil pour nos conteurs à l’auditorium du collège Bullier. Tout était garanti pour une prestation mièvre. Une longue journée de collectage auprès des patriarches dans les villages Ova-Abang et Nkolbillon. Plusieurs kilomètres de route avalés au cœur des arbres de la forêt.
Voilà que le dieu des histoires en a fait décrocher plusieurs à Mathias Ndembet, Koulnodji Christian, David Noundji et Mohamed Adi. Un plateau alléchant pour une rencontre qui favorise des échanges Sud/ Nord. Quatre conteurs, quatre colporteurs de rêves devant près de trois cents élèves et parents confondus prêts à tendre l’ouïe aux sulfureuses histoires. Ils tissent une corde de plaisir.

D’abord, Mathias NDEMBET le gabonais et sa Sanza, un peu timide mais de forte personnalité. Son jeu s’imbrique dans une histoire d’amour aux allures d’épopée avec une grosse prime sur le contemporain. On peut se dire qu’il était une fois, une belle à la beauté traumatisante qui repoussa toutes les propositions de mariages des hommes de la contrée. Jusqu’au jour où elle rencontre un bel homme qui finit par la trainer au pays des morts. L’histoire ressemble étrangement au quotidien des jeunes élèves du collège Bullier. Elles la croquent à belle dent. Koulnodji le tchadien et son look des rastas ne passent pas inaperçu avec ses histoires animalières. Des cris fusent pour apprécier son look d’homme de liberté. Cela fait des mules. Son histoire. Le renard et les oiseaux. L’inspiration est sacrée. C’est une plongée de grand conteur nimbée d’une puissante moralité pour la jeunesse qui sort de sa voix frêle. Entre intelligence et force, il y a forcément une relation de proximité. Les élèves l’ont compris et ils partagent avec lui la jolie musique de son balafon. Cependant, Adi a le mal de son corps à se retenir. Lui que sa voix a décidé de lâcher. Le conteur de l’association le Pied nu ne veut qu’y ressortir gorge nu.
Il contera des histoires de sa grand-mère caché. La journée est étrangement séduisante. Les parents n’en finissent de déchirer leurs mâchoires de rire.
Toumani Kouyaté, devenu gros bras ne cesse de diriger les élèves qui affluent instamment. Le plaisir de la journée semble devenu une télépathie pour nos internes avides de tels moments d’évasion. La coupe de ce swing sera pleine avec David Noundji. Le type a trouvé son élément dans l’humour caustique. Ses histoires se déroulent à l’écoute. De sa bouche, il pénètre les corps des élèves qui n’arrêtent plus de rire.

La salle explose au rythme de ses chansons de la langue. Celle de son Ouest natal. La petite Sandra peut alors dire « il nous possède avec ses histoires. Pourtant ces sagesses qui relèvent de l’époque nous les entendons tous les jours. Mais on ne croit que c’est contemporain en le voyant les dire. »
L’émotion était à son comble quand la programmation a mis terme à la soirée qui ne faisait que commencer. Question à leurs hôtes de reprendre la route pour une autre intervention contée à l’hôtel de ville de Saa.
M.E.N

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