mercredi 24 juin 2009

Reportage: Collectage- Passage de mémoire




Le festival est descendu dans les villages de Saa, à la rencontre des Patriarches. Une façon de recevoir de ces monuments ce qui reste encore de contes dans les villages.
Une partie du projet avait été entamé à l’édition précédente avec une rubrique intitulée rencontre avec les patriarches. Elle s’était déroulée dans le village Ntomb Lebel avec le vieux conteur Martin Abega qu’accompagnait sa petite équipe d’artistes du village. Cette année, la rubrique a pris du volume et un nouveau nom, « le collectage». Echanges au cours de laquelle les jeunes conteurs contemporains reçoivent des patriarches, des sagesses ancestrales, des contes pour la plupart dit en langue locale. Ils ont en retour la possibilité de les sauvegarder.
Ce jour est samedi, l’avant-dernier du festival à Sa’a. La direction artistique a prévu un collectage dans deux villages. Ovo-Abang et Nkolbillon. Ils sont situés à plusieurs kilomètres de la petite bourgade de Sa’a. La journée se fait plutôt pressante. On a pris du retard dans le temps. Des voix commencent à se déchirer. Souci de voyageurs, on finit par rejoindre la Land Rover 4X4, qui sert de navette à l’équipe. Direction poussière. Cap sur le village Ovo-Abang. La land Rover entre dans la humble demeure de Joseph Fouda. A l’angle de sa cour, un hangar poussiéreux fait office de paroisse. Très vite, elle va accueillir les invités d’un jour. Affalé sur une chaise Gaston Zogo Ekassi, patriarche mais un vieil érudit de l’oralité et de l’histoire, tonne d’émotion. Petit temps de reconnaissance des lieux, Véronique Mendouga introduit les débats. Les villages sortent de partout. Le chef Onana André arrive. Et le conte commence.
Histoire, conte
On les appelle les gardiens de la tradition. Leur nombre est en nette régression. Ils détiennent les histoires de leurs ancêtres. Dans ce village, les hommes contents les légendes et les femmes vous dressent un sulfureux livre de contes. En un rien, on a pu faire le tour des origines savamment dites par Gaston Zogo et son chef qui ont présenté comme des épopées l’histoire des grands hommes de ce pays Manguissas. Les « berceuses » n’ont pas manqué à l’appel en disant toutes de jolies histoires authentiques. Après ces richesses recueillies à nu Mohamed Adi dit « le solidaire » s’est retiré pour déballer son sac de trois cent kilo de vêtements. Des youyous ne sont guère restés en arrière pour saluer le geste.
La caravane s’ébranle cette fois pour Nkolbillon.
L’incroyable gentillesse du patriarche Minkala bien conforté dans ses 72 ans a tétanisé le regard de tous les conteurs. Ils ont oublié d’un trait les difficultés traversées pour arriver dans ce village, vraiment enclavé sans électricité. Mais le luxe est un quotidien. Une Rav 4 barre la cour qui sert de garage au patriarche. Sa maîtrise de la langue française, sa culture déconcertent. Une véritable bibliothèque vivante.
M.E.N

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