mercredi 24 juin 2009

Interview de Léonard Logmo



« C’est un évènement qui traite principalement du patrimoine immatériel »
-Nous voici pratiquement au terme du FESTMO-P, que pensez- vous avoir oublié pour cette 9ème édition ?
Je pense avoir tout oublié. En ce sens que j’avais tellement de chose à faire, j’ai donc fait la majorité. Mais cependant j’ai toujours l’impression que c’est un recommencement parce qu’il y’a toujours de nouvelles pistes , de nouveaux horizons.
-Quels sont les temps forts du challenge de cette année ?
Cette année c’est la phase des hommages en l’occurrence celui rendu à Sévérin Cécile ABEGA. Autres temps forts les rencontres et échanges professionnels entre artistes locaux et internationaux invités. Autre temps fort en ce qui concerne la thématique, c’est le collectage qui a commencé Sa’a et qui va se poursuivre dans la Sanaga maritime avec en prime l’édition d’un ouvrage de contes collectés sur les sites emblématiques, monuments, personnages historiques. Il faudrait signaler que les contes en prison ont aussi été l’un de nos temps forts qui entrent dans le culturel mais aussi dans le social.
- Peut-on mener à bien un tel brassage culturel sans ressources ?
Impossible d’organiser ce type d’évènement sans ressources. S’il faut parler de ressources, cela me donne la nécessité de recadrer les différentes ressources à savoir : matérielle, humaine, financière, économique. Je voudrais insister sur le fait que la ressource financière n’est pas la plus importante dans un festival socio- culturel comme celui-ci.


C’est d’abord la ressource humaine qui est vitale, capitale parce que, en travaillant avec une équipe jeune, volontaire, soudée, acquise aux idéaux de l’association, on arrive à faire de grandes choses. Avec une équipe assez disponible, qui a envi de donner on est à l’abri de certaines surprises. Ce qui nous permet de trouver un moment pour manger, discuter avec les artistes et même conter. La ressource financière est toujours nécessaire parce qu’elle permet de réaliser un certain nombre de choses et d’éviter le stress et de travailler avec assurance. Malheureusement cette ressource est la plus rare; on a l’impression que cela prend du temps pour rentrer dans les préoccupations personnelles des uns et des autres. Donc on a besoin du soutien institutionnel de la localité pour obtenir le soutien financier de partenaires.
-Quelle est l’originalité du Festmoc-P ?
C’est un évènement qui traite du patrimoine principalement immatériel et ensuite matériel. Donc c’est un évènement qui prend pour point d’appui la richesse traditionnelle. Aussi il se déroule en milieu rural et touche les populations à la base qui sont dans les villages ; et qui souffrent plus de pauvreté mais travaillent pour la vie de la nation à travers la culture qui est la base de notre économie. Originalité en ce sens que personne ne vient faire son show, sa fête, mais les participants viennent construire pour le développement des carrières des uns et des autres en mettant communément la réalisation des différents projets, les possibilités de diffusion, de création. Bref, le festival travaille fortement l’aspect structurant en valorisant la continuité du travail de chaque artiste invité à l’évènement.
-Quel aura été le parcours de la première édition à celle-ci ?
Au départ, le festival a commencé à Yaoundé où l’idée est née. Ensuite il a été question d’établir un pont entre la ville et le village c’est alors que le festival est devenu itinérant. Au départ il était local (national), il est devenu international en abritant diverses nationalités, venant des quatre coins de l’Afrique, d’Europe et d’Amérique. A ses débuts le festival avait une variante festive et agro-pastorale et par la suite on a mis sur pied une thématique pour chaque édition. Il se déroulait normalement sur une période beaucoup plus longue au départ, mais par la suite il s’est réduit pour tenir sur une semaine. Il est passé de la phase instable en ce qui concerne son personnel à une phase stable chacune porteuse d’énergie nouvelle. Il est passé d une phase pas très connue au départ, (le conte étant un genre émergent dans le monde et particulièrement au Cameroun) vers une phase très médiatisée développant les aspects communicationnels tel que la présence d’un journal du festival.
-Quel bilan faîtes-vous aujourd’hui et quelles sont les perspectives pour les années à venir ?
Le bilan est assez positif dans la mesure où les populations des localités ciblées commencent de plus en plus à se rendre compte de l’impact socio-économique et culturel sur la localité. Il est positif en ce sens que nous avons des partenaires institutionnels qui croient en notre travail en l’occurrence l’Organisation Internationale de la Francophonie qui nous appuie depuis quelques années déjà, le ministère de la culture qui se rend compte de l’importance du projet et l’accompagne depuis pratiquement trois ans. Il existe une certaine stabilité dans les activités choisies, très peu d’improvisation, mais surtout beaucoup d’originalité.
Comme perspectives, c’est aboutir à un grand festival qui se déroulerait pendant plusieurs mois. Avec comme souhait de toucher les localités rurales afin d’y installer un véritable marché du conte pour la promotion et le développement de l’activité du conte, mais aussi la promotion des carrières artistiques.
Marie Nadège NLANG

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